Sida : restons solidaires !
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Comme chaque année, la Journée mondiale de la lutte contre le sida se déroule le 1er décembre et offre l'occasion de faire le point sur l'évolution de l'épidémie.
Quelques chiffres
Selon le rapport de l'ONUSIDA (pdf) publié en novembre 2010 :
- 56 pays - dont 34 pays d'Afrique subsaharienne - sont parvenus à stabiliser ou réduire de façon significative le nombre de contamination au VIH/sida.
- Parmi les 5 pays africains les plus touchés, 4 ont réussi à faire chuter le taux de contamination de plus de 25 % (Ethiopie, Afrique du Sud, Zambie et Zimbabwé) tandis qu'au Nigeria, le 5ème pays le plus touché, ce taux s'est stabilisé.
- Au cours des 10 dernières années, le taux mondial de contamination a diminué de 20 % et le nombre décès dus au sida ont également diminué de 20 % au cours des 5 dernières années. Le nombre total de malades s'est stabilisé.
- Parmi les jeunes qui vivent dans les 15 pays les plus touchés, le taux de contamination a chuté de plus de 25 %, grâce à l'adoption de mesures de prévention lors des relations sexuelles.
- La distribution de préservatifs a augmenté et l'usage des contraceptifs s'est considérablement répandu dans le monde entier.
- Le nombre total de personnes qui reçoivent un traitement a été multiplié par 7 en l'espace de 5 ans (seules 700 000 personnes étaient traitées en 2004, contre 5,2 millions en 2009.
- De plus en plus de pays utilisent les traitements de prévention du VIH chez les nouveaux-nés, permettant à des centaines de milliers de femmes de donner naissance sans transmettre le virus à leur bébé.
Néanmoins, la plupart des chiffres restent encore alarmants...
- Le nombre de nouvelles contaminations au VIH/sida reste supérieur au nombre de personnes traitées : pour chaque personne qui commence un recevoir un traitement, deux contractent le virus.
- Les financements dédiés à la prévention du VIH sont insuffisants. Seuls 22 % des financements destinés au traitement de la maladie sont consacrés à l'information et à la prévention dans les pays à revenu faible et intermédiaire.
- Il faudrait quelques dizaines de milliards de dollars supplémentaires pour pouvoir vaincre l'épidémie à l'échelle mondiale. Malheureusement les financements attribués par la communauté internationale ne cessent de diminuer.
- En théorie, les Droits de l'Homme font partie de la stratégie internationale de lutte contre le virus, mais en pratique, il reste beaucoup à faire avant que les enjeux des droits de l'homme ne soient véritablement pris en compte. Soixante-dix-neuf pays interdisent les relations sexuelles entre individus du même sexe. Parmi eux, 6 pays condamnent les homosexuels à la peine de mort. En Asie de l'Est et du Pacifique, 90 % des pays appliquent des lois qui nient les droits des personnes atteintes du VIH.
Le 10 décembre sera la Journée mondiale des Droits de l'Homme. Il serait intéressant de mener une réflexion sur la convergence de ces deux thèmes : le sida et les Droits de l'Homme.
Les progrès de la prévention
Selon l'association Sidaction, les microbicides représentent un espoir supplémentaire. Ils ont pour objectif d'arrêter physiquement ou chimiquement l'infection par le VIH au niveau des muqueuses vaginales ou rectales, une des portes d'entrée du virus dans l'organisme. Ils se présentent sous forme de gel, crème, anneau, film ou éponge. Les résultats d'une étude intitulée CAPRISA 004 ont montré pour la première fois l'efficacité partielle d'un gel à base d'antirétroviral, qui devrait entrer dans l'arsenal de prévention. Ce microbicide pourra considérablement modifier les conditions de vie des femmes, notamment africaines, en favorisant leur accès à un moyen de prévention qu'elles maîtrisent.
Le rôle de la réligion
Dans les principales religions monothéistes (le Christianisme, l'Islam et le Judaïsme), l'usage du préservatif n'est pas toujours très bien perçu par les personnes qui font autorité. Souvent, le problème vient du fait que les relations sexuelles sont interdites hors mariage, et que si l'on se marie à une personne non-contaminée, on n'a pas besoin du préservatif pour se protéger. Néanmoins, cela ne tient pas compte du risque d'infidélité du mari ou de la femme, qui risque ainsi de contracter la maladie avec un autre partenaire, et cela ne tient pas compte non plus de l'évolution des sociétés où les jeunes ont souvent plusieurs relations sexuelles avec des partenaires différents avant de se marier.
Après des années de débat au sein de l'Église catholique, le Pape Benoît XVI a récemment accordé son soutien à la prévention du VIH par l'usage du préservatif. En effet, Benoît XVI a annoncé qu'il n'était pas contre l'usage du préservatif à condition que « le but [soit] de réduire le risque de contamination » et il l'accepte comme un « premier pas sur le chemin d'une sexualité vécue autrement ». Néanmoins, il a précisé qu'il ne considérait pas le recours au préservatif comme « une solution véritable et morale ».
Comme le montre le rapport de l'ONUSIDA, la lutte progresse à grands pas, mais cela reste insuffisant pour vaincre l'épidémie. Il faut continuer d'informer et surtout, lorsqu'on a un doute, il est indispensable de passer un test de dépistage avant d'avoir de nouveau des relations sexuelles. N'hésitez pas à demander à votre partenaire de faire le test avec vous, c'est une preuve de confiance que de passer ce test ensemble.
Êtes-vous séropositif(ve) ? Comment sont perçus les malades du sida dans votre pays ? Pensez-vous qu'ils ont les mêmes droits que les autres ? Ou bien sont-ils victimes de discriminations ? Si vous souhaitez nous faire partager votre témoignage, écrivez-nous à youthink-fr@worldbank.org.
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