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Meurt-on encore du virus VIH/sida en Europe ?

Par Liviane Urquiza,27 ans,France | 29/11/2011 | Thèmes:Sida et VIH | 21 personne(s) aime(nt) cette page
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Aujourd'hui le virus se répand plus vite en Europe de l'Est et en Asie centrale que dans n'importe quelle autre région du monde.

Il y a 30 ans (en 1981) des scientifiques rendent officielle l'émergence d'une épidémie jusqu'alors inconnue : il s'agit du syndrome d'immunodéficience acquise (sida).

Personne ne sait avec certitude où et comment ce syndrome s'est développé. Des scientifiques suggèrent qu'il serait né en Afrique mais, une chose est sûre, c'est dans un laboratoire de la ville d'Atlanta aux États-Unis qu'il a été identifié pour la première fois.

La propagation du virus

Les chercheurs comprennent rapidement que le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) – responsable de la transmission du sida entre êtres humains – ne peut circuler que par trois voies : le sang, le sperme et le lait maternel. On parle de VIH/sida pour évoquer à la fois le virus et le syndrome que constitue l'épidémie.

Il touche d'abord les populations homosexuelles et toxicomanes dans les années 1980, puis se répand parmi les hétérosexuels qu'ils soient ou non toxicomanes.

Dès 1990, la planète compte plus d'un million de personnes infectées par le virus. La plupart d'entre-elles ignorent qu'elles sont séropositives (porteuses du virus) et contaminent sans le savoir leurs  partenaires sexuels.

Le virus se propage au-delà des frontières. En 2002, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) annonce que l'épidémie est devenue une pandémie globale.

Fin 2011, bien que des progrès considérables aient été réalisés on compte encore plus de 7 000 nouveaux cas d'infection par jour dans le monde, dont 1 000 concernent des enfants et des jeunes âgés de moins de 15 ans. Il faut dire que l'un des trois principaux modes de contamination (après les rapports sexuels et la consommation de drogue) est la transmission de la mère à l'enfant pendant la grossesse, l'accouchement ou l'allaitement.  

Si le continent le plus touché par le sida est l'Afrique – et de très loin (⅔ des séropositifs vivent en Afrique subsaharienne) – aujourd'hui le virus se répand plus vite en Europe de l'Est et en Asie centrale que dans n'importe quelle autre région du monde.

Le VIH/sida en France…

Comme dans les autres pays d'Europe de l'Ouest, les campagnes d'information et de dépistage, notamment dans les établissements scolaires, ont permis de ralentir la propagation du sida, tandis que l'accès pour tous les malades au traitement rétroviral a permis de prolonger la durée de vie de plusieurs décennies pour des milliers de personnes.

Dans une interview accordée au site doctissimo.fr, le Pr. Delfraissy, directeur de l'Agence nationale de recherche sur le sida (ANRS), explique que l'épidémie est « relativement contenue » en France. Le nombre de nouvelles contaminations est constant depuis plusieurs années, environ 7 000 nouveaux cas de VIH par an. Les populations les plus touchées, dites « à risque », sont :

  • les personnes qui changent souvent de partenaire sexuel(le)
  • les femmes d'ascendance africaine
  • les hommes de plus de 50 ans

Les premières sont principalement des jeunes.

Les deuxièmes représentent 39 % des nouveaux diagnostics d'infection au VIH. Elles sont en majorité contaminées par leurs partenaires qui sont souvent porteurs du virus depuis plusieurs années sans le savoir.

Malgré la contamination, il faut tout de même souligner une évolution chez les femmes qui sont de plus en plus réceptives aux campagnes d'information et de dépistage, et font rapidement le test après un rapport non-protégé. Cela peut leur permettre de bénéficier rapidement d'un traitement rétroviral.

Au contraire, le risque élevé chez les hommes de plus de 50 ans s'explique notamment du fait qu'ils sont beaucoup moins réceptifs aux campagnes de dépistage. Comme ils n'ont pas le réflexe de faire le test, ils sont souvent diagnostiqués, tardivement, via des examens de santé sans lien avec le VIH ce qui entraîne un risque de mortalité 14 fois plus élevé dans cette catégorie de la population.

…et dans le reste de l'Europe

En 2010, ONUSIDA comptait 190 000 nouveaux cas d'infection en Europe, dont 160 000 en Europe de l'Est. Le fossé entre l'Est et l'Ouest se creuse à deux niveaux :

  • la propagation : le virus continue de se répandre à l'Est alors qu'il se stabilise à l'Ouest,
  • l'accès aux traitements rétroviraux : déjà élevé et en constante augmentation dans l'Ouest, le taux d'accès au traitement rétroviral est seulement de 12,5 % dans les pays d'Europe de l'Est.

Selon le rapport 2011 (pdf) d'ONUSIDA, le nombre de personnes vivant avec le VIH en Europe de l'Est a augmenté de plus de 250 % entre 2001 et 2010. La Russie et l'Ukraine sont particulièrement touchées (+700 % dans certaines zones) et la situation s'aggrave aussi en Estonie et en Lettonie.

Les usagers de drogues par injection sont les principales victimes de l'épidémie dans ces pays, et sont gravement stigmatisées par la société. Selon l'ONU, la plupart des adultes séropositifs de la région redoutent davantage une stigmatisation que la maladie elle-même.

Non seulement on meurt encore du sida en Europe, mais plus que jamais les jeunes des pays de l'Est ont besoin d'information et de soutien car la région connait actuellement la pire progression du virus au monde.

À toutes celles et ceux qui souhaitent  s'exprimer sur le virus, envoyez-nous vos contributions à youthink-fr@worldbank.org. Pour en savoir plus sur ce que vivent les séropositifs, découvrez le blog de sida-info-service.

Légende de la photo : Des enfants font un test de dépistage en Ukraine. © Yuri Mechitov / Banque mondiale.

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