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Le traitement du SIDA est un engagement pour la vie

01/06/2010|Thèmes:Sida et VIH |41 personne(s) aime(nt) cette page
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Tout a commencé en Californie en 1981, avec deux premiers cas attestés de décès dûs au SIDA. Depuis le VIH, virus responsable de la maladie, s’est propagé à travers les pays et les continents, provocant le décès de plus de 25 millions de personnes et devenant l’une des plus graves menaces au développement de notre siècle.

Selon les derniers chiffres publiés par le programme des Nations Unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA), actuellement, plus de 33 millions de personnes sont séropositives. Quatre millions de personnes sont infectées chaque année et le SIDA touche de plus en plus de jeunes femmes. Celles-ci disposent en effet de peu de moyens pour se protéger et représentent désormais la majorité des nouveaux cas d’infection dans beaucoup de pays.

Les nouvelles données de l’ONUSIDA montrent toutefois que certains progrès longtemps attendus ont été accomplis en termes de traitement.

Le point sur la situation

Un plus grand nombre de personnes a désormais accès aux médicaments antirétroviraux qui peuvent prolonger leur vie de plusieurs dizaines d'années. En 2001, seulement 240 000 malades habitant des pays à revenu faible ou intermédiaire pouvaient accéder à ces médicaments. En 2008 ce nombre a considérablement augmenté, s'établissant à 4,7 millions de personnes.

En Afrique, malgré les problèmes liés aux systèmes de santé et à la pénurie de personnel médical formé, le nombre de malades du SIDA bénéficiant d’un traitement a été multiplié par dix depuis la fin 2003, s’élevant aujourd’hui à près de 3 millions. D'autre part, le coût du traitement antirétroviral a nettement baissé et les médicaments — y compris des produits génériques qui coûtent moins chers — s’obtiennent plus facilement.

Mais l'extension de ces soins s'est accompagnée d'un autre défi. « Mettre des patients sous un traitement salutaire contre le SIDA est un engagement qui peut durer plusieurs dizaines d'années », a déclaré le Dr Debrework Zewdie, directrice du programme de lutte contre le VIH/SIDA de la Banque mondiale.

« Il s’ensuit que nous ne saurions adopter, face à ce problème, une solution éphémère consistant pour les gouvernements et les bailleurs de fonds à mettre en route un programme de traitement, puis à s’en laver les mains au bout de quelques années en arguant que "nous ne disposons pas de moyens pour maintenir ce programme". Cette perspective me rend très inquiète ».

Un traitement durable

Le Dr Zewdie n'est pas la seule à nourrir des inquiétudes. De nombreux spécialistes internationaux soulignent l’urgence d'élaborer des stratégies de prévention et de traitement du VIH pour toutes les collectivités du monde. L'année 2010 devait être la date limite à laquelle tous les malades auraient accès à un traitement. Bien sûr cet objectif n'a pas été atteint. Lors de la conférence internationale sur le SIDA qui se déroulera à Vienne en juillet 2010, les autorités internationales se concentreront sur l'extension de la prévention, des traitements, des soins et des structures de soutien pour les malades. La crise financière internationale a eu de nombreuses répercussions sur les investissements publics qui menacent encore d'être réduits. C'est pourquoi la conférence se fixe pour but de rappeler l'importance de poursuivre et renforcer l'engagement dans la lutte contre le SIDA afin d'atteindre les objectifs du Millénaire liés à la santé.

L’accroissement des coûts des médicaments pose un défi de taille aux pays en développement dont les dépenses consacrées aux soins de santé s'élèvent à moins de 10 dollars par habitant par an. L’aptitude des pays pauvres ou à revenu intermédiaire à supporter les coûts des programmes de traitement antirétroviral destinés aux sidéens peut tout à fait dépendre de leur capacité de prévenir efficacement de nouvelles infections.

Des signes de vie

Près de 3 millions de personnes vivent avec le SIDA, grâce au traitement antirétroviral, et cela représente quand même une victoire après des années passées à croire que les pays pauvres ne pourraient jamais disposer de l’expertise médicale et des fonds nécessaires pour réaliser un programme de thérapie antirétrovirale. Comme l’ont montré des pays tels que la Thaïlande et le Brésil, il est toutefois possible de généraliser l’accès au traitement.

Par exemple, depuis 1996, les initiatives de traitement du Brésil ont aidé le pays à réduire de moitié son taux de mortalité.

En Thaïlande, le taux de personnes bénéficant d'un traitement est passé de 4 % en 2003 à 61 % en 2007. D’après un rapport de la Banque mondiale, les succès remportés par la Thaïlande sont dus à :

  • de très efficaces campagnes de prévention
  • un vaste réseau d’hôpitaux de district et de cliniques rurales ayant la capacité de fournir un traitement généralisé
  • une puissante communauté d’organisations non gouvernementales qui collaborent étroitement avec les pouvoirs publics pour déployer le programme élargi de traitement antirétroviral, et
  • la participation active des personnes vivant avec le VIH/SIDA.


« Le programme thaïlandais de thérapie antirétrovirale est une utile source d’inspiration pour les autres pays en développement qui cherchent les moyens d’offrir ce traitement aux patients ayant un VIH avancé », indique Ana Revenga, experte de la Banque mondiale et co-auteur du rapport.

Des risques dans le progrès

Certes, plus de 20 pays à revenu faible ou intermédiaire traitent désormais plus de 50 % de leurs citoyens ayant besoin de soins, mais il existe des problèmes concrets à résoudre avant que davantage de pays ne s’engagent dans des programmes de traitement destinés aux personnes vivant avec le SIDA.

Les pays et les bailleurs de fonds doivent obtenir continuellement des résultats s’ils tiennent à maintenir l’attention du public sur le SIDA en tant que priorité absolue d’action aux niveaux mondial et national.

Kevin De Cock, Directeur du département VIH/SIDA de l’OMS, estime que le plus grand obstacle à l’extension des services de traitement généralisé est « la fragilité des systèmes de santé — notamment les ressources humaines, l’infrastructure matérielle, la capacité des laboratoires, les systèmes de passation des marchés et d’approvisionnement, la gestion budgétaire, ainsi que l’ensemble du complexe de soins et de santé publique nécessaire pour gérer et fournir les services ».

De Cock met par ailleurs l’accent sur la nécessité de traiter environ 2,1 millions d'enfants de moins de 15 ans qui vivent avec le VIH. Les enfants représentent envrion 14 % des décès dus au SIDA, mais seulement  38 % des enfants séropositifs ont accès à une thérapie antirétrovirale dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.

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