Concours Scénarios d’Afrique

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Le concours Scénarios d'Afrique a pour but de sensibiliser et d'informer la jeunesse africaine sur l’épidémie du VIH/sida. Vous avez jusqu'au 1er avril pour participer à l'édition 2011 !
Les scénarios sélectionnés sont adaptés en film. D'une durée allant de 2 à 15 minutes, les films sont réalisés par les grands noms du cinéma africain : Cheick Oumar Sissoko du Mali, Newton I. Aduaka du Nigeria, Idrissa Ouedraogo et Fanta Régina Nacro du Burkina Faso et Abderrahmane Sissako de Mauritanie. Tous ont remporté dans leur carrière le grand prix du Festival panafricain du cinéma FESPACO.
Une fois réalisés, les films sont traduits en 28 langues et diffusés sur les chaînes locales de télévision dans presque tous les pays d'Afrique subsaharienne. Les films sont également recueillis dans des coffrets DVD de compilation pour l'usage des organisations et des écoles.
Plus de 145 000 jeunes originaires de 47 pays africains ont déjà pris part à ce concours. Le projet compte aujourd'hui 33 films, dont « Une histoire d'amour » (voir la vidéo ci-dessous), réalisé par Fanta Régina Nacro sur une idée de Jean Paul Brice Affana, un jeune auteur talentueux et engagé qui a accepté de répondre à nos questions :
youthink! : Bonjour Jean-Paul. Peux-tu, en quelques mots, nous en apprendre un peu plus à ton sujet ?
Jean Paul Brice Affana : Avec plaisir ! Je suis camerounais, j'ai 22 ans et j'aime me dire que j'appartiens à la « génération consciente », c'est-à-dire que je fais partie de ces milliers de jeunes qui militent chaque jour activement pour la paix et la tolérance dans le monde. J'ai été formé comme instructeur de jeunesse et d'animation par le ministère de la Jeunesse du Cameroun et je suis actuellement étudiant en sociologie à l'Université de Yaoundé. Ma passion est de me battre pour améliorer les conditions de vie des populations de mon pays et du monde entier. J’ai remporté plusieurs prix pour mon engagement, par exemple le Prix scolaire international Paix et Coopération sur les droits de l’homme et le concours international d'essais de la Banque mondiale sur les changements climatiques en 2009. Actuellement je coordonne les activités de l’association que j’ai fondée en 2008, Actions vitales pour le développement durable, et je suis volontaire pour la société civile dans mon pays.
YT : Depuis quand es-tu engagé dans la lutte contre le VIH/sida ?
JPB : Contrairement à de nombreux jeunes Camerounais, j’ai entendu parler du VIH/sida très tôt et j’ai rejoint, en 2004, le club Planète des Jeunes de Ngaoundéré (une ville du Nord Cameroun). Nous organisions des campagnes d’information, d’éducation et de communication à travers toute la ville pour aider les jeunes à se protéger du sida. En 2008 j’ai été recruté comme volontaire au sein d'une ONG pour participer au projet Dance4Life, une vaste campagne de mobilisation contre le sida en milieu scolaire. Je connais aujourd’hui des personnes dont le quotidien est une lutte permanente contre la maladie. Je leur apporte mon soutien en les écoutant et en luttant contre les habitudes discriminatoires qu'ont certains membres de leur entourage et je continue de participer aux campagnes de prévention.
YT : Comment as-tu eu l'idée du scénario « Une histoire d'amour » ?
JPB : En 2005, je suis tombé sur un journal pour les jeunes et j’y ai vu l’annonce du concours Scénarios d’Afrique. Comme j'écris souvent des nouvelles, des contes et des poèmes, je me suis dit que je pouvais profiter de cette occasion pour écrire un scénario et partager mon expérience de la lutte contre le sida. J'ai essayé de me mettre à la place d’une personne infectée afin de pouvoir comprendre à quoi ressemble une vie quand on doit prendre un traitement antirétroviral. Je ne voulais pas simplement aborder la question de la prévention, car parfois on oublie de parler des personnes infectées. J’ai fait des recherches sur le quotidien des malades, puis j’ai ajouté un peu de romance à mon idée, et « Une Histoire d’amour » est née.
YT : Penses-tu que la prévention est suffisante au Cameroun ?
JPB : Le ministère de la Santé du Cameroun a fait d'importants efforts pour la prévention notamment en organisant chaque année des campagnes de dépistage volontaire. Pourtant, le nombre d’infections et de décès n’a pas vraiment diminué. Je pense qu’il est nécessaire de revoir la stratégie nationale. Il faut par exemple que les jeunes cessent d’être simplement les cibles des campagnes de prévention, ils doivent en devenir les principaux acteurs. Car je pense que lorsqu'on est impliqué, on contribue davantage. Quand on n'est que la cible, on continue de se comporter comme une victime potentielle, on ne se responsabilise pas. Les jeunes camerounais doivent prendre leur destin en main pour changer la donne et faire reculer le sida.
YT : Qu'est-ce que le concours t'a apporté ?
JPB : Je suis fier de savoir que le scénario que j'ai écrit est devenu un film, et que ce film contribue depuis 2006 à la lutte contre le SIDA dans le monde entier. C'est une joie immense de voir le nombre de personnes qui l’ont visionné sur Internet. En plus, à la suite du concours, le ministère de la Jeunesse du Cameroun m'a également récompensé comme Lauréat du concours national de l’Excellence Jeunesse pour le rayonnement sur le plan international. En octobre 2008, l'agence France Presse est venue jusqu’au Cameroun pour m’interviewer. Cette reconnaissance internationale m'a encouragé à participer de nouveau au concours de scénario et mon scénario a de nouveau été sélectionné. Aujourd’hui, je garde jalousement les deux médailles que j’ai reçues, ainsi que mes diplômes signés de tous les membres du Jury international en 2005 et 2008. Et pour l'édition 2010/2011, je fais partie de l’équipe d’organisation et du Jury international de sélection.
YT : Tu viens de participer à la conférence COP16 sur les changements climatiques qui s'est déroulée à Cancun au Mexique (du 29 novembre au 10 décembre). Tu es donc aussi engagé dans la lutte contre le réchauffement climatique ?
JPB : Oui, j'ai participé à la conférence et j'ai été élu "Point Focal" des organisations de jeunesse au sein de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques pour un mandat d'un an. Il faut savoir que le réchauffement de la Terre a un impact réel sur le VIH/sida. Beaucoup de gens l'ignorent. Cette année, ONUSIDA a noté une baisse inquiétante des financements destinés à la lutte contre l’épidémie. Les conditions climatiques extrêmes auxquelles certains pays sont exposés ont une influence directe sur l'évolution de l'épidémie. Imaginez par exemple le nombre de personnes qui devraient se rendre régulièrement à l'hôpital pour prendre un traitement antirétroviral mais qui ne le font pas parce que le climat les oblige à travailler davantage pour nourrir leur famille et se battre face aux inondations ou à la sécheresse.
YT : Merci d'avoir répondu à ces questions. As-tu un dernier message pour les lecteurs de youthink! qui voudraient participer au concours ?
JPB : J'encourage les jeunes africains à participer au concours de scénario. Personnellement, ça m’a permis de mieux comprendre l’épidémie et je sais qu'on ne peut pas combattre un virus (ou n'importe quel autre adversaire) si on ne le connaît pas. Pour écrire un scénario, il est indispensable de mener sa propre enquête sur l'épidémie, par exemple en se dirigeant vers des associations ou des structures qui possèdent une grande quantité d'informations, ou en visitant des sites web, en discutant avec des adultes expérimentés qui peuvent vous raconter leurs expériences et vous donner des idées de scénario. Soyez vous-mêmes des agents pour le changement en sensibilisant vos proches, en diffusant des informations sur la prévention et le dépistage. VOUS faites partie de la solution !
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