Après le séisme, Haïti se reconstruit
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Il y a tout juste un an, le 12 janvier 2010, un tremblement de terre a bouleversé Haïti. Faisant plus de 230 000 morts, 300 000 blessés et plus d'un million de personnes déplacées, ce séisme est l'une des catastrophes naturelles les plus meurtrières que l'homme ait jamais connues. Les logements, les infrastructures, les bâtiments publics et les entreprises ont tous subit des dégâts importants.
Haïti avant le séisme
Haïti était déjà le pays le plus pauvre de l'hémisphère ouest, plus de la moitié de sa population vivait avec moins de 1 dollar par jour. Ses taux de mortalité infantile et maternelle étaient les plus élevés de la région. Selon les estimations, 30 % des enfants souffraient de malnutrition chronique. Plusieurs décennies d'instabilité se sont traduites par un taux de pauvreté élevé, un faible taux de scolarisation et un manque général de services. Haïti était depuis longtemps l'un des pays les plus exposés et les plus vulnérables aux catastrophes et aux ravages des tempêtes tropicales et des cyclones.
Aujourd'hui, Haïti doit non seulement se reconstruire mais aussi se doter d'une force nouvelle. Ce n'est qu'ainsi que le pays parviendra à devenir plus résistant et plus dynamique : un pays où les Haïtiens pourront vivre dans de meilleures conditions qu'avant le séisme. Cependant le processus de reconstruction va prendre du temps et la situation d'aujourd'hui, un an après le séisme, est toujours une situation d'urgence.
Quel bilan peut-on tirer de l'année qui vient de s'écouler ?
Le financement de la reconstruction s'est organisé rapidement à l'échelle mondiale
En mars 2010, la communauté internationale s'est engagée dans un Plan d'action pour le redressement et la reconstruction d'Haïti. Ce plan consiste à réunir, au cours des 24 mois suivant le séisme, 5,3 milliards de dollars pour le financement de la phase initiale de la reconstruction d'Haïti, comprenant une contribution de la Banque mondiale de 479 millions de dollars.
Ce plan d'action a pour but de :
- mettre en place rapidement un plan d’urgence pour venir en aide aux populations,
- soutenir la reconstruction des infrastructures,
- redonner de la vigueur au secteur privé,
- stimuler la création d'emplois
- permettre le rétablissement complet des systèmes de santé et d'éducation.
Dans le cadre de ce Plan d'action, un fonds multi-donateurs supervisé par la Banque mondiale, la Banque Interaméricaine de Développement (BID) et l'Organisation des Nations Unies (ONU) a également été créé. Le Fonds de reconstruction d'Haïti (FRH) est opérationnel depuis le 11 mai 2010.
À ce jour, les promesses de dons faites en mars 2010 n'ont pas été entièrement tenues et le FHR exhorte les bailleurs de fonds à respecter leurs engagements au plus vite car la reconstruction ne pourra se faire dans de bonnes conditions sans ces financements.
Près de 200 000 familles ont pu regagner leur logement
Dans un premier temps, l'urgence était d'acheminer l'aide jusqu'aux populations qui en avaient besoin. Pour cela il a fallu réparer ou reconstruire les routes et les systèmes de distribution d'eau.
Dans le même temps, même pour ceux dont le logement n'avait pas été détruit par le séisme, il a fallu s'assurer de la sûreté des bâtiments avant que les gens ne puissent retourner vivre chez eux. En octobre 2010, 400 000 bâtiments ont été évalués (grâce à l’aide de la Banque mondiale) par une équipe de 300 ingénieurs haïtiens chargée d'évaluer la sécurité des bâtiments endommagés dans les zones les plus touchées de Port-au-Prince (la capitale). Près de 200 000 familles ont ainsi pu retrouver leur foyer l'esprit tranquille.
Quant à ceux dont le logement a été détruit ou trop gravement endommagé, ils ont dû s'installer dans des camps temporaires où ils vivent sous des tentes. On estime qu'ils étaient quelque 1,3 million à avoir trouvé refuge dans ces camps après le séisme. En janvier 2011, un an après le séisme, l'Organisation internationale pour les migrations annonce qu'ils seraient encore plus de 800 000 à y vivre sous des tentes.
250 000 enfants ont pu retourner à l'école
Le gouvernement haïtiens, soutenu par l'aide internationale et de nombreuses ONG, a fait en sorte que 250 000 enfants puissent aller à l'école, que des 80 000 paniers-repas soient distribués chaque jour aux écoliers. On espère que de nouveaux dons permettront bientôt d'amener ces chiffres à 390 000 enfants à l'école, dont 210 000 reçoivent un panier-repas chaque jour.
Parallèlement, des centres de soins sont installés un peu partout dans les camps pour aider les populations à rester en bonne santé. Le Programme alimentaire mondiale (PAM), l'Organisation panaméricaine de la santé et la Banque mondiale ont aussi mis en place des services spéciaux pour aider les femmes enceintes et celles qui allaitent.
La vidéo ci-dessous est un reportage produit par la Banque mondiale qui montre comment l'initiative "Éducation pour tous" a aidé des milliers d'enfants haïtiens à retourner à l'école après le séisme.
La communauté internationale et les ONG se mobilisent pour stopper l'épidémie de choléra
Le 21 octobre 2010, pour la première fois, depuis des décennies, une épidémie de choléra a été confirmée en Haïti. Selon les dernières données de l'ONU, environ 149 000 cas ont été déclarés et plus de 3 000 personnes sont mortes de la maladie.
L'hygiène dans les camps de réfugiés, mais aussi l'accessibilité aux soins sont des problèmes majeurs. En effet, les malades ou leurs proches doivent parfois marcher des heures pour se rendre dans une clinique et il est difficile pour le personnel médical de se rendre dans les zones les plus reculées.
Au mois de novembre, la Banque mondiale, en collaboration avec le gouvernement haïtien et les organismes des Nations Unies, a accordé une subvention de 10 millions de dollars à Haïti pour aider à stopper l'épidémie. Cette subvention a pour but de renforcer la capacité de surveillance et de contrôle en ce qui concerne :
- la santé publique,
- l'assainissement de l'eau.
La subvention servira également à financer le travail des organisations non gouvernementales (ONG) pour améliorer l'accès des populations :
- à l'eau potable,
- aux prestations des services sanitaires de base,
- à l'assainissement et à la gestion des déchets.
Le 10 janvier, Médecins sans frontières (MSF) a déclaré qu'on pouvait constater une diminution des nouveaux cas de choléra à Port-au-Prince, mais la rareté de l'eau potable reste un facteur inquiétant.
Apaiser les tensions politiques dans le pays
Depuis les élections présidentielles qui se sont tenues le 28 novembre 2010, la situation politique du pays est dans une impasse. Un second tour entre les deux principaux candidats était initialement prévu début janvier mais a dû être reporté en attendant l'examen des résultats du premier tour par la Commission électorale nationale, assistée de l'Organisation des États américains (OEA).
On le sait, l'essentiel reste à faire et la route s'annonce très rude pour les Haïtiens. Cependant l'espoir est là et la reconstruction est en cours. Le 2ème tour des élections présidentielles qui devrait avoir lieu dans les semaines à venir sera certainement un événement décisif pour l'avenir du pays. Le nouveau président et son gouvernement auront besoin du soutien des citoyens pour mener à bien la reconstruction.
Crédits photo. : Camps de réfugiés après le séisme en Haïti. © UNICEF/NYHQ2010-0068/LeMoyne
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