Envois de fonds des migrants à leur famille
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En 2008, les migrants issus de pays en développement ont envoyé 305 milliards de dollars à leurs familles dans leur pays d’origine.
Les envois de fonds sont des sommes d’argent que les migrants travaillant à l’étranger envoient à leur famille. Le montant réel des envois de fonds dans le monde n’est pas connu puisque l’argent est transféré par des moyens officiels mais aussi par des moyens non déclarés. À titre d’exemple, les migrants népalais travaillant à l’étranger effectuent 69 % de leurs envois de fonds par des moyens non déclarés.
D’après les données officielles disponibles, les pays en développement reçoivent deux fois plus d’argent par les envois de fonds que par l’aide officielle, explique Dilip Ratha, économiste de la Banque mondiale. Les envois de fonds représentent également les deux tiers des investissements étrangers directs (IED) dans les pays en développement.
Étant donné l’ampleur de ces envois de fonds, les experts en développement étudient aujourd’hui comment cet argent aide les personnes restées dans les pays d’origine à sortir de la pauvreté. Contrairement à l’aide officielle au développement (l’argent que des donateurs, souvent les gouvernements des pays riches, donnent aux gouvernements des pays pauvres), les envois de fonds vont directement aux familles qui décident elles-mêmes comment dépenser cet argent.
Quelle région reçoit le plus d’envois de fonds ?
Comparé à l’ensemble des régions en développement :
- L’Asie de l’Est et les territoires du Pacifique sont les plus grands bénéficiaires de fonds provenant de l’étranger.
- L’Asie du Sud obtient la deuxième place avec un nombre de bénéficiaires de fonds légèrement supérieur à ceux dénombrés en Amérique latine et dans les Caraïbes.
- L’Afrique Subsaharienne se voit attribuer la dernière place. Mais les envois de fonds vers cette région sont largement sous-estimés, les données de bon nombre de pays présentant d’importantes lacunes.
Quel pays reçoit le plus d’envois de fonds ?
En 2008, l’Inde la Chine et le Mexique ont été les trois principaux récipients d’envois de fonds, recevant près du tiers des envois de fonds vers les pays en développement.
Dans certains pays, les envois de fonds représentent plus de 25 % du PIB du pays. C’est le cas notamment au Tadjikistan, en Moldavie, au Tonga, et le Lesotho.
Quelles sont les principales destinations des migrants ?
Certaines préférences régionales encouragent les immigrés à se rendre dans les pays les plus accessibles. Les migrants choisiront donc un pays facile d’accès avec qui ils partagent des liens culturels et linguistiques.
Au cours des 15 dernières années, l’Europe occidentale a reçu 42 % des migrants en provenance de l’Europe centrale et de l’Est ainsi qu’un nombre grandissant de migrants de l’ex-Union soviétique.
La majorité des migrants du Mexique et de l’Amérique latine se rendent aux États-Unis. Cependant, les résidents de bon nombre de pays d’Amérique du Sud se dirigent également vers l’Europe. Les migrants des Caraïbes préfèrent le Royaume-Uni comme destination tandis que de nombreux migrants d’Amérique du Sud optent pour l’Espagne.
Les migrants du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord migrent vers des pays riches en ressources qui cherchent de la main-d’œuvre, dans le golfe Persique ou en Europe.
Les travailleurs du Maghreb tentent leur chance dans le Nord de l’Europe et, de plus en plus, en Italie et en Espagne. Tandis que l’Égypte et les pays arabes du Mashreq se tournent plutôt vers les pays riches du golfe Persique.
La migration peut aussi avoir un effet d’entraînement. Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, par exemple, alors que les travailleurs libanais et jordaniens partent travailler dans les pays du golfe Persique, les Syriens migrent au Liban et les Égyptiens vont en Jordanie pour travailler dans les fermes.
En Asie du Sud, les migrants népalais se dirigent entre autres vers l’Inde, les pays du golfe Persique et l’Arabie saoudite.
Qui migre ? Qui envoie des fonds ?

Source : Fiche thématique sur la migration et le développement ; Tendances des envois de fonds 2007.
Les réponses à ces questions varient d’un pays à l’autre. Voici l’exemple de l’Amérique latine et des Caraïbes :
Au Mexique et au Paraguay, les ménages pauvres et peu instruits sont les plus susceptibles de recevoir des fonds de la part de membres de la famille vivant à l’étranger. Cependant, au Pérou et au Nicaragua, c’est l’inverse.
Les migrants du Mexique et d’Amérique centrale qui vont travailler aux États-Unis ont tendance à être moins instruits que ceux qui restent dans leur pays d’origine, tandis que l’inverse est vrai pour les migrants des Caraïbes et de l’Amérique du Sud.
Les envois de fonds et la fuite des cerveaux
Que vaut-il mieux pour un pays pauvre : que ses familles reçoivent beaucoup d’envois de fonds (ce qui implique que bon nombre de ses résidents sont partis à l’étranger) ou que sa force de travail demeure au pays ? Comme certaines recherches l’ont démontré, les envois de fonds peuvent aider les familles à se sortir plus rapidement de la pauvreté. Cependant, qu’arrive-t-il lorsque les personnes instruites d’un pays en développement migrent en grand nombre ? C’est le cas notamment en Amérique centrale et dans les Caraïbes où plus de la moitié des diplômés d’universités sont partis vivre à l’étranger.
Une telle migration massive des personnes instruites est désignée sous le nom de fuite des cerveaux et peut constituer un obstacle de taille au développement de petits pays pauvres.
Les envois de fonds et la crise financière
Jusqu'ici les envois de fonds semblent résister à la crise et, selon un article paru récemment sur le site web de la Banque mondiale, cela s'explique du fait que nombreux pays ont un socle bien-établi de migrants qui ont peu de chances de quitter les pays où ils résident désormais. Ces migrants continueront d'envoyer des sommes d'argent à leur famille, même s'ils sont parfois contraints de réduire le montant de ces envois. Néanmoins, les estimations révèlent que toutes les régions en développement -- sauf l'Asie du Sud -- ont observé un léger déclin dans la croissance des envois de fonds à destination des pays en développement en 2008.
- Dans la région Amérique latine et Caraïbes, les flux d'argent envoyés par les migrants n'ont connu aucune croisance en 2008.
- En Europe et Asie centrale, les flux ont chuté de 31 % en 2007 à 5 % en 2008.
- L'Asie de l'Est et du Pacifique a observé le même déclin, passant de 23 % à 7 %.
- La région Moyen-Orient et Afrique du Nord a également vu ses envois de fonds chuté de 22 % à 8 %.
- Afrique la croissance des flux s'est effondrée, passant de 44 % à 6 %.
- L'Asie du Sud, seule exception à ce déclin général, n'a observé qu'une très légère baisse de la croissance, passant de 31 % en 2007 à 27 % en 2008.
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