La corruption est l’abus de pouvoir à des fins privées. Ces fins privées concernent en général l’enrichissement personnel ou celui d'un tiers.
Abus de confiance, trafic d’influence, détournement d’argent public, népotisme, déformation des lois ou des règlementations pour des gains personnels… Tous ces exemples de pratiques frauduleuses caractérisent la corruption.
Selon les estimations de la Banque mondiale, entre 1 et 1,6 trillion de dollars* sont perdus chaque année à travers le monde dans des pratiques illicites relevant de la corruption.
La corruption nous concerne tous ! Elle a des répercutions sur l’ensemble de la société car elle diminue les richesses nationales et affecte les niveaux de vie. A titre d’exemple, la corruption :
- Décourage les investisseurs et réduit donc la richesse globale d’un pays.
- Prive les travailleurs de l’argent et des services publics (écoles, centres de santé, routes, systèmes d’égouts, police, etc.) auxquels ils ont droit.
- Pervertit la loi et le gouvernement en faveur des riches et de leurs relations.
- Détruit la confiance en un gouvernement.
Lorsqu’un pays vient à bout de la corruption, les études ont démontré qu’il augmente à long terme jusqu’à quatre fois ses recettes. Diminuer la corruption permettrait d’augmenter rapidement la croissance (jusqu’à 3 %) et de réduire considérablement la mortalité infantile (de l’ordre de 75 %).
Quatre facteurs favorisent la corruption :
- Un régime étatique faible : Lorsqu’un gouvernement ne fonctionne pas bien, la corruption apparaît souvent comme un moyen facile de contourner les lois.
- Peu de transparence : Si les autorités publiques ne sont pas honnêtes et qu’aucune sanction ne s’applique aux dirigeants politiques, la corruption s’installe facilement.
- L’appât du gain : Lorsqu’un agent, par exemple, ne gagne pas suffisamment sa vie ou que son emploi n’est pas stable, il complètera ses revenus avec des pots-de-vin…
- Certaines circonstances comme la pauvreté ou la rareté des biens (tels que les médicaments) peuvent encourager des personnes à vivre en marge de la loi. D’autres contournent les règles parce qu’elles les considèrent comme illégitimes.
Il faut prendre conscience que même de petits gestes, comme par exemple faire profiter un représentant des pouvoirs publics d’une ligne téléphonique gratuite, est déjà en soi un pot-de-vin. Chacun de ces gestes contribue à plonger le pays dans l’engrenage de la corruption. En évitant ce genre de comportement, chacun est en mesure de lutter contre ce fléau et de renverser la tendance.
Le gouvernement est également concerné. Il se doit d’améliorer ses modes de fonctionnement pour plus de transparence.
La corruption concerne l'ensemble de la communauté internationale : les bailleurs de fonds, les organisations non gouvernementales (ONG), les gouvernements et les citoyens des pays en développement et des pays industrialisés.
La communauté internationale lutte activement contre toutes les pratiques de corruption. Par exemple :
- en mettant sur pied des programmes de lutte anticorruption pour les pays qui en font la demande.
- en soutenant les actions internationales qui visent à lutter contre la corruption.
- en participant à la prévention de la fraude et de la corruption dans les projets financés par les bailleurs de fonds.
Le degré de corruption institutionnelle d'un pays est l'un des principaux éléments que la Banque mondiale doit prendre en compte lorsqu'elle étudie les demandes de prêts. Certains pays se voient malheureusement refuser des prêts à cause d'un niveau de corruption trop élevé. Néanmoins, très souvent, la Banque mondiale décide d'accorder à prêt à ces pays en leur imposant en échange de faire des efforts considérables dans leur lutte conre la corruption.
En septembre 2007, la Banque mondiale en partenariat avec l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC), a lancé l'initiative StAR afin d'aider les pays en développement à recouvrer les avoirs qui ont été volés par des dirigeants corrompus, à investir dans des programmes de développement efficaces et à lutter contre les paradis fiscaux qui permettent de dissimuler des fonds volés.
« Aucun refuge ne devrait exister pour ceux qui volent les pauvres », a affirmé M. Zoellick, Président de la Banque mondiale. « Aider les pays en développement à recouvrer l’argent qui leur a été volé est essentiel pour pouvoir financer des programmes sociaux et pour prévenir les dirigeants corrompus qu’ils n’échapperont pas à la loi. »
Le site web (en anglais) Transparence-International analyse le niveau de corruption dans chaque pays du monde et classe ceux-ci sur une échelle de mesure de la corruption.
La corruption ne s’arrêtera pas d’elle-même ! Chacun d’entre nous doit choisir d’y mettre fin. Vous pouvez, vous aussi, vous engager dans la lutte en faisant les bons choix :
- N’acceptez aucun pots-de-vin, même lorsque cela vous est offert par des personnes que vous connaissez bien.
- Écoutez votre conscience et restez intègre.
- Dénoncez toute pratique de corruption autour de vous.
Vous pouvez également :
- Vous engagez pour faire pression sur votre gouvernement et demander des changements. Demandez par exemple la création de lois pour protéger les dénonciateurs.
- Exprimez-vous en écrivant des articles dans les journaux locaux, rapportez toute pratique de corruption.
- Rappelez à votre entourage et à votre communauté quels sont les effets de la corruption sur le développement.
- Adhèrez aux différentes campagnes de lutte anticorruption dans le monde
Visitez également le site Gouvernance et Anti-corruption. Il contient une foule d’informations sur la manière dont la Banque mondiale travaille pour lutter contre le fléau de la corruption.











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