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Pauvreté rime malheureusement avec rivalité. Qu’il s’agisse de crimes, d’affrontements de quartier, de guerres civiles ou de conflits entre deux pays, la violence naît généralement de la misère.
Le cocktail pauvreté, déclin économique et dépendance vis-à-vis des ressources naturelles est, selon les recherches dans le domaine, une des principales sources de conflits.
C’est un cercle vicieux : la pauvreté entraîne de nombreux pays pauvres dans des conflits qui les plongent dans encore plus de misère.
- Selon le HIIK (Institut Heidelberg de recherche internationale sur les conflits), le nombre de conflits dans le monde en 2008 était de 345, dont 39 d'une violence extrême.
- Sortir de cet engrenage de la violence demeure compliqué pour les pays, même une fois le conflit terminé. On estime que près de 40 % des pays replongent dans le conflit dans les 10 années suivant un accord de paix.
- Parmi les 34 pays qui risquent le plus de ne pas atteindre les objectifs de développement pour le Millénaire (ODM), 22 sont affectés par des conflits présents ou passés.
- Même quand le processus de paix avance rapidement, il faut souvent une génération ou plus, pour retrouver les conditions de vie d’avant la guerre.
Les conflits et en particulier les guerres civiles, coûtent très chers. Et pas seulement en argent ! Ils affectent tout le monde, y compris ceux qui vivent sur d’autres continents.
Les pays en guerre paient, même longtemps après l’arrêt des hostilités, un lourd tribu, et ce à de multiples niveaux :
- Mort : Le trépas des combattants n’est rien en comparaison des décès, des blessures et de toute la misère causés par la guerre. Les services de santé, le plus souvent détruits durant le conflit, ne sont plus en mesure de soigner les malades. Près de la moitié des décès ont lieu après la déclaration de la “paix”.
- Exode et maladies : Pour éviter les combats, de nombreuses personnes sont obligées de fuir leur pays. Les réfugiés contractent alors des maladies qu’ils propagent ensuite au cours de leur recherche d’asile.
- Enfance volée : Des générations entières d’enfants, souvent recrutés comme soldats, perdent le droit de vivre normalement, avec une famille, une maison, l’école. Une fois la guerre terminée, ces jeunes se retrouvent alors confrontés à de nouvelles difficultés : la reconstruction de leur pays.
- Mines antipersonnel : Des quantités de mines, abandonnées sur les champs de bataille, rendent impossible la culture de terres auparavant fertiles. En plus du coût élevé du déminage du pays, la nourriture se fait rare et la croissance économique du pays dégringole.
- Pauvreté et isolement : Les pays affectés par une guerre civile se retrouvent enfermés dans des nombreux problèmes : dépenses militaires énormes, fuites des capitaux, maladies infectieuses, croissance faible, pauvreté chronique.
Les pays voisins doivent, quant à eux, faire face à de nombreux problèmes, à court comme à long terme :
- Réfugiés : fournir des vivres et prendre soin de nombreux réfugiés coûte très cher. L’économie et le système de santé des pays d’accueil, souvent eux-mêmes dans la pauvreté, sont donc affectés par la guerre de leur voisin.
- Maladies infectieuses : paludisme, VIH, tuberculose… Les maladies infectieuses accompagnent les réfugiés. Pour 1.000 personnes qui traversent la frontière, c’est environ 1.400 cas de paludisme supplémentaires qui sont recensés dans le pays voisin.
- Les coûts économiques : personne ne veut plus investir dans les pays voisins et la croissance économique décline. Si une trop grande pauvreté s’installe, le conflit risque de s’étendre et d’atteindre en fin de compte toute la région.
Dans le monde, les guerres civiles posent essentiellement trois problèmes :
- Drogue : environ 95 % des drogues sont produites dans les pays en guerre. La raison en est simple : ces territoires échappent au contrôle d’un gouvernement reconnu, il est donc plus facile de les dissimuler et de les diffuser. C’est par exemple le cas en Colombie et en Afghanistan.
- VIH/SIDA et autres maladies : de nombreux viols et des exodes massifs des populations font partie des conséquences de la guerre. Cette situation est favorable à la propagation rapide des maladies. Le VIH se serait d’ailleurs propagé, selon les recherches dans le domaine, en raison de la guerre civile de 1979 en Ouganda et du nombre important de viols perpétrés le long de la frontière tanzanienne.
- Le terrorisme international : les territoires en guerre échappent à toute autorité légitime. Ils servent dès lors de repères aux groupes terroristes qui y établissent leurs bases et leurs terrains d’entraînement.
Pour la Banque mondiale, le conflit empêche le développement économique. C’est pourquoi, elle essaye de les anticiper afin d'éviter qu'ils éclatent.
En 2007, la Banque a inauguré une nouvelle initiative de réponse dans l'urgence afin de mettre en place une meilleure gestion des crises mondiales émergentes. En 2009, une étude a montré que cette initiative a permis d'accélérer les procédures et attributions de prêts d'urgence et a posé les bases d'importantes collaborations avec des partenaires pour le développement travaillant dans des conditions de crise et d'urgence. L'initiative a également permis d'augmenter le soutien institutionnel apporté par la Banque mondiale aux équipes détachées dans les pays en situations de crise.
La communauté internationale s'est fixé les objectifs suivants :
- Accroître et mieux cibler l’aide dans les pays à risque.
- Améliorer la transparence et la gestion des revenus provenant des ressources naturelles.
- Assurer le suivi des marchandises pour éviter qu’elles ne finissent entre les mains de groupes rebelles.
- Renforcer le processus de paix dans les pays sortants d’un conflit.
Les nouvelles règles internationales ont, par exemple, permis de couper le financement provenant du trafic des « diamants du sang » et ainsi de mettre fin aux rebellions en Angola et en Sierra Léone.
Toute tentative de corruption des autorités officielles d’un pays en développement est désormais considérée comme un crime par les pays développés. Cette mesure prise par la communauté internationale a permis de réduire considérablement la corruption, qui est souvent à l’origine d’un conflit.
Les mines antipersonnel sont interdites depuis 1997. Cela a permis de réduire de moitié le nombre de morts et de blessés.
La communauté internationale intervient également dans la région des Grands Lacs, en Afrique centrale. Elle œuvre dans le processus de désarmement, de démobilisation et de réintégration sociale des quelque 450 000 anciens combattants. Pour plus d’informations, lire Après le conflit, la reconstruction.
Informez-vous ! L’actualité, l’histoire ainsi que le parcours des personnes qui vous entourrent sont autant de clés pour comprendre l’origine des conflits. S’instruire sur le sujet permet de ne pas reproduire les mêmes erreurs et de ne pas jeter d’huile sur le feu…











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