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Comment respecter l’identité sexuelle, en particulier par rapport à la société et à la culture ? Quelles sont les conditions associées au fait d’être de sexe féminin ou masculin ? Deux questions fondamentales qu’aborde la problématique du genre.
Celle-ci est confrontée à des comportements et à des rôles sociaux développés ou appris, mais aussi à des attentes. Lorsque l’on parle du problème, on pense habituellement aux inégalités entre les sexes, au peu de chances accordées aux femmes et aux filles simplement à cause de leur genre. Mais on oublie généralement que les garçons et les hommes sont, eux aussi, cantonnés dans des rôles qui leur sont imposés. Accorder aux femmes et aux filles les mêmes droits et la même considération qu’aux hommes, ne signifie pas qu’il faille les retirer à ceux-ci.
Bien que, à travers le monde, les femmes aient réussi à prouver qu’elles étaient aussi intelligentes et capables que les hommes, dans de nombreux pays, elles ne sont toujours pas traitées comme leurs égales. Les filles et les femmes n’y ont pas les mêmes droits, opportunités, responsabilités et choix dans la vie que les garçons et les hommes qui continuent à se considérer comme leurs aînés.
Les femmes représentent la moitié de la population mondiale. La discrimination imposée aux filles et aux femmes est une injure faite à chaque individu de la société et a un impact négatif sur le développement économique. Les sociétés dans lesquelles les femmes jouissent des mêmes droits que les hommes sont plus riches, prospèrent davantage, se développent plus rapidement et ont de meilleurs systèmes de gouvernance.
Inversement, les inégalités hommes femmes ont tendance à être plus importantes au sein des couches pauvres, selon Genre et développement (pdf), une publication de la Banque mondiale parue en 2001 qui traite de l’importance de la problématique du genre dans le développement.
Dans certains villages indiens, les hommes peuvent dépenser une grosse partie de leurs revenus pour leurs besoins personnels (cigarette, boisson, jeux) alors que les femmes en consacrent la totalité aux besoins de la famille (nourriture, soins médicaux, frais de scolarité et habillement des enfants), c’est ce qu'a révélait une étude indienne citée dans La voix des pauvres une étude parue en 2000 et réalisée à partir d'une collection d’interviews effectuées sur plus de 60 000 personnes pauvres (femmes et hommes) à travers le monde.
En Afrique où la majorité de la population vit de l’agriculture, les femmes assument au moins 70 % des travaux des champs. Malgré cela, elles n’ont pas leur mot à dire dans la manière dont l’argent est dépensé. « Et lorsqu’on ne permet pas aux femmes de prendre des décisions par rapport à l’utilisation des ressources financières pour aider leur famille, il devient plus difficile d’aider les pauvres à sortir de la pauvreté », explique M. Mark Blackden, expert de la problématique des genres pour la Banque mondiale. La situation est encore plus critique dans les ménages dirigés par des femmes. Le manque d’accès aux services juridiques, économiques et sociaux renforce leur vulnérabilité.
Selon l'étude Genre et développement, si les pays d'Asie du Sud, d'Afrique et du Moyen-Orient offraient autant de chances aux filles qu'aux garçons d'être scolarisés, comme l'ont fait les pays d'Asie de l'Est depuis les années 1960, leurs revenus par personne augmenteraient de 0,5 % à 0,9 % par an.
Dans les sociétés qui s'inquiètent aussi bien du bien-être des hommes que de celui des femmes et des enfants, il est plus simple pour les pauvres de se sortir de la misère et d'améliorer leurs conditions de vie.
Cycle de vie des inégalités
Il y a dans le monde des femmes qui, toute leur vie, se verront refuser le droit à :
La liberté—Dans certains pays, tels que le Ghana, les femmes sont la propriété légale de leur époux. Dans d’autres pays, les femmes ne peuvent quitter la maison ou trouver un emploi sans l’accord de leur conjoint.
L’éducation—Moins de filles que de garçons sont scolarisées ou terminent leur cycle primaire ou secondaire, même si les recherches ont démontré qu’investir dans l’éducation des filles contribuait à améliorer, de manière significative, les perspectives économiques d’un pays.
Un salaire égal à travail égal—Dans de nombreux pays en développement, la législation et la réglementation du travail n’encouragent pas les femmes à travailler. Lorsqu’elles obtiennent un emploi, les femmes peuvent s’attendre à un salaire inférieur (jusqu’à 27 % de moins) à celui des hommes pour un même travail, sans aucune considération pour leur expérience et leur niveau d’instruction.
Les droits juridiques—Leur statut légal limité affecte nombre d’aspects de la vie des femmes. Cela va de leur incapacité à emprunter de l’argent parce qu’il leur est légalement interdit de posséder des terres, jusqu’à leur incapacité à prendre des décisions sur l’éduction de leurs enfants, en passant par leur incapacité à décider du moment et de la manière dont elles acceptent d’être touchées. Lorsque les femmes dépendent juridiquement, et donc économiquement, de leur époux ou de leurs parents de sexe masculin, elles n’ont pas d’autre choix que de se contenter de ce qu’elles reçoivent de la vie. En Ukraine, en Lettonie et en Macédoine, par exemple, il y a bien des lois contre le viol mais aucune femme ne prend la peine de porter plainte car il n’y aura, de toute façon, aucune sanction de la part des autorités.
La représentation politique—Les femmes sont peu représentées dans les instances gouvernementales des pays en développement, malgré leur capacité à représenter leurs communautés. Sans cette représentativité politique, très peu d’actions sont initiées contre les lois qui limitent les opportunités des filles et des femmes.
La représentation politique—Les femmes sont peu représentées dans les instances gouvernementales des pays en développement, malgré leur capacité à représenter leurs communautés. Sans cette représentativité politique, très peu d’actions sont initiées contre les lois qui limitent les opportunités des filles et des femmes.
Difficile d’abattre les barrières
Il est souvent difficile de lutter contre la discrimination sexuelle parce qu’on se heurte alors à des traditions locales fortement enracinées. Même lorsque les lois sont modifiées, les mentalités ne le sont pas pour autant et les gens continuent de s’accrocher à leurs convictions culturelles.
À titre d’exemple, dans les années 1960, l’Inde a interdit la coutume de la dot. Cette pratique exigeait de la future mariée, si elle voulait se faire épouser, d’apporter des biens à son mari. Mais cette tradition est si enracinée dans la société indienne que la plupart des jeunes mariées continuent d’apporter une dot. Les choses sont en train de changer lentement. Vous avez peut-être entendu parler aux informations de jeunes mariées qui se sont rebellées et ont dénoncés cette pratique aux autorités.

Lors de la quatrième Conférence mondiale des femmes à Pékin, en 1995, la communauté internationale s’est mise d’accord sur une plateforme d’action visant à améliorer les conditions de vie des femmes et des filles. Les participants à la conférence ont réalisé qu’aucun progrès et qu’aucun développement n’étaient possibles si la moitié de la population d’un pays subit des inégalités.
La Banque mondiale et d’autres organisations actives en matière de développement sont devenues de grands défenseurs de l’égalité entre les hommes et les femmes dans tous les aspects de la vie. La Banque mondiale a décaissé près de 6,3 millions de dollars depuis 1995 pour l’éducation des filles. Par ailleurs, plus des deux tiers des prêts consentis aux secteurs de la santé, de la nutrition, et de la population comportaient des objectifs liés à l’égalité des sexes. Un autre projet de réforme juridique a été conçu pour améliorer l’accès des femmes aux droits juridiques, et notamment au droit de propriété de la terre.
Pour aider à accroître les possibilités économiques des femmes, la Banque mondiale a lancé en 2007 un plan d’action pour l’égalité des genres (pdf) intitulé GAP. En décembre 2010, le budget du GAP alloué à la réalisation de cet objectif était de 65 millions de dollars et avait permis de financé plus de 220 projets à travers le monde.
La communauté internationale a également commencé à s’occuper des problèmes auxquels sont confrontés les garçons. Par exemple, dans certains pays d’Europe centrale, d’Amérique latine et des Caraïbes, de nombreux garçons abandonnent leurs études, surtout au niveau du cycle secondaire. Ils ne perçoivent pas souvent l’importance de rester à l’école et préfèrent chercher du travail mais se laissent souvent attirer par des emplois illégaux.
Si vous êtes une femme, ne vous sous-estimez jamais. Croyez en la valeur de votre contribution au développement du monde. Poursuivez vos études et ne renoncez pas à vos rêves quelles que soient les épreuves qui vous attendent.
Si vous êtes un homme, pensez que les femmes sont votre égal, elles ont les mêmes droits et les mêmes devoirs envers la société, et elles aussi ont un rôle essentiel à jouer dans le développement. Efforcez-vous de respectez leurs choix et leurs différences. Ayez conscience des inégalités, mêmes des plus subtiles.
La problématique du genre vous intéresse ? Plusieurs organisations nationales et internationales interviennent dans ce domaine pour offrir aux femmes et aux hommes, les mêmes chances dans la vie. Consultez les sites suivants pour vous informer davantage sur les inégalités liées au sexe :
- La campagne de l'ONU « Tous unis pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes » vise à prévenir et éliminer la violence à l’égard des femmes et des filles dans toutes les parties du monde.
- ONUFemmes soutient les droits des femmes car chaque jour les femmes subissent des violations de leurs droits fondamentaux dans le monde entier.
- L'IWHC (coalition internationale pour la santé des femmes) travaille au développement de politiques et de programmes en matière de santé et de population. Elle apporte également un appui à la recherche de financements destinés à la promotion et à la protection des droits et de la santé des filles et des femmes à travers le monde, notamment en Afrique, en Asie, en Amérique latine et dans les pays engagés dans une transition postsocialiste.











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